Ce qui me dérange dans ces histoires de #balancetonporc et autre #metoo, ce n'est pas la libération de la parole de la femme, le fait que le regard social soit en train de changer sur le harcèlement sexuel et le viol, etc...
Ce qui me dérange, ce sont les effets d'emballement terribles, qui conduisent à faire du bruit sur des accusations à des stades où:
- rien n'a été vérifié,
- les gens ne savent pas forcément de quoi on les accuse précisément, impossible de se défendre publiquement de manière pertinente,
ce qui fait que le bruit autour des accusations n'est contrebalancé par rien.
Le public lui-même n'est pas spécialement bien informé de ce qui est précisément reproché, dans la mesure où un voile pudique est jeté, soit disant pour protéger la réputation de tout le monde, l'info consiste le plus souvent en "untel est accusé".
Quand plus tard, arrivent les démentis, les rectifications, les changements de version des plaignants/plaignantes, les mêmes qui s'emballaient admettent au mieux du bout des lèvres que "Oui, bon, dans ce cas-là, c'était peut-être exagéré", au pire t'expliquent qu'"il n'y a pas de fumée sans feu".
Pour ceux qui ont été accusés publiquement, le mal est fait. Ils se seront pris, outre l'opprobre social, les répercussions professionnelles et familiales dans la gueule.
Leur disculpation publique, si elle intervient, n'aura jamais la même diffusion.
Je ne suis pas certain que la mise au pilori au moyen-âge n'était pas entourée de plus de garanties. En fait, je suis certain : le pilori ne se concevait que pour certaines infractions bien définies, suivait une procédure précise cf ce lien http://lettres.sorbonne-universite.fr/I … tagnan.pdf