Cambadélis commence à se rendre compte, même timidement, que ça a été une erreur de combattre le FN sur des bases morales et de culpabilisation de ses électeurs. Et d'autant plus aujourd'hui que Marine Le Pen essaye de "lisser" l'image de son parti.
Ceci dit, face au sentiment de déréliction des électeurs de gauche et surtout de ceux qui n'ont pas de convictions fixes, que propose le PS réellement et quels sont ses résultats ?
Deux réponses.
Tu as d'une part la ligne majoritaire, du moins qui a eu la majorité au dernier congrès (celui de Toulouse), et a la majorité au Bureau national. Elle, elle propose la politique conduite par Hollande et Valls, qui peut tellement se comprendre qu'elle ressemble salement à ce que proposait l'UMP. Il y a des choses à dire en faveur de cette politique, elle n'est simplement pas celle pour laquelle j'ai voté.
Et puis il y a la gauche du parti.
(attention, cuisine)
[spoiler]A priori, le rapport de force est clair, tu as d'un côté la motion 1 (le gouvernement) qui a fait 68% et la gauche du parti 13%.
Mais le congrès avait lieu à l'automne 2012, les équipes de Hollande avaient la dynamique pour eux, et une partie de la gauche du parti (avec Hamon, notamment), les avait rallié. La motion 1 était donc un attelage de plusieurs courants (le courant majoritaire, plus d'autres comme celui de Hamon).
Or si les résultats du congrès ne changeront qu'au prochain, la gauche du parti s'accroche et marque quelques points en ce moment (filoche, maurel, et d'autres).
D'abord, tu as un texte qui était très critique sur le pacte de responsabilité qui a été élaboré par la gauche du parti et qui a récolté la signature de près de 40% du bureau national. Pour simplifier, les motions 3 et 4 ont fait 24% au congrès. Donc pour atteindre 40%, c'est qu'elles ont mordu sur la motion 1. Et de fait, le courant de Hamon s'en est désolidarisé.
Ensuite tu as les 80-100 députés qui réclament un contrat de majorité, les quelques abstentions lors du vote de confiance, les 40 abstentions lors du vote sur le programme de stabilité...
[/spoiler]
La gauche du parti veut croire la chose suivante: la politique menée par Hollande et Ayrault, puis par Hollande et Valls, n'est majoritaire ni au sein de l'électorat de gauche (et cela, les municipales l'ont selon moi prouvé, même si on peut avoir une autre lecture), ni au Parlement, ni au sein du parti. D'où le boulot de fourmi, actuellement: en essayant d'éviter la scission du parti, dont elle ne veut pas, chercher à réorienter la ligne au sein du parti pour contraindre le gouvernement à changer la sienne.
C'est loin d'être gagné, mais ça peut peut-être marcher. C'est ce qui est intéressant. Si je replonge en politique, c'est probablement la voie qui me tente le plus.
