Nous entrons au Pérou par Puno et l'île des Uros, un piège à touristes qui reste intéressant de par son artificialité totale. En effet, l'île est constituée de roseaux empilés (au cœur par ailleurs comestible) et les gens vivent dessus, ce qui suppose une superposition de roseaux en continu vu que l'île se décompose et donc s'enfonce constamment aussi. Notre appareil photo étant de qualité merdique, nous avons perdu les photos de cette partie, mais on peut en trouver là https://es.wikipedia.org/wiki/Etnias_ur … _Per%C3%BA
Nous prenons ensuite un bus direction Cusco, ville qu'on ne présente plus mais que je vais présenter quand même. Capitale et centre névralgique de la culture et de la religion Inca, Cusco se trouvait sous le coup d'une guerre de succession lorsque les Espagnols arrivèrent ; ceux-ci, décidément sacrément mouleux dans l'histoire de la conquête des Amériques, s'empressèrent d'encourager le bordel ambiant pour prendre le dessus, aidés par leur statut d'envoyés plus ou moins divins. Évidemment, quoi de mieux pour soumettre une ethnie que de saper leur culture, dont acte : ils ordonnèrent fissa le démantèlement des temples du coin et se servirent des pierres pour bâtir des égalises et cathédrales.
Ainsi, la place principale de Cusco, avec des édifices garantis 100 % recyclés commerce équitable :



Le centre est rempli d'églises de type baroque pas trop hautes, pour la raison architecturale que ce sont apparemment des structures plus stables pour résister aux séismes qui ne manquent pas de saloper la ville une fois tous les siècles ou presque.


Gros balek des employés du mac do. Les gens d'ici étant relativement pauvres, Mac Do tente de faire du forcing en offrant 20 % de réduction aux résidents de la ville. Faut bien voir qu'un menu best of coûte une thune indécente comparée à un repas au marché du coin, certes plus crasseux, mais où tu manges à t'en faire péter le bide pour moins de 2 euros avec des produits frais. Au passage tu peux aussi acheter des manges merde d'avocat gros comme ma bite, onctueux, savoureux et avec un bilan carbone beaucoup plus acceptable que les petits trucs trop durs que Leclerc essaie de refiler aux bobos en France.
Pour ceux qui n'ont ni envie d'alimenter le Grand Satan ni de manger dans un marché où les chiens errants font la loi, Cusco offre de nombreux choix. Beaucoup sont des gargotes infâmes qui te proposent des plats dont tu ne veux même pas en photo, mais il y a pour le touriste "fortuné" quelques pâtisseries et restaurants de qualité dont le prix se voit à la clientèle : les seules personnes de couleur sont les serveurs. J'ai ainsi bouffé le meilleur chinois de ma vie dans un resto-fusion chinois-péruvien, avec des recettes relativement classiques mais au goût et à la texture fantastiques. Sans déconner, j'ai mangé des trucs moins bons dans des restos chics de Lyon.
La visite en Amérique du Sud est aussi l'occasion de déguster la fabuleuse torta de tres leches, dont on ne comprend pas qu'elle ne soit pas encore placée sur une liste quelconque de l'UNESCO tellement elle claque, peut-être parce qu'en prendre plus d'une part file le diabète direct. Jugez plutôt : sucre, farine, oeuf, beurre, lait concentré sucré, lait concentré non sucré et lait entier (ou crème).



Une procession avec un Christ dans un cercueil sur lequel il faut balancer des pétales de fleurs depuis ton balcon

Personne n'a pensé que les chiens ne savent pas lire, sacrés eux !


Les traductions approximatives des gens d'Amérique du Sud, nous y reviendrons. Pour l'anecdote, sachez que "Jhon" est un prénom courant là-bas.
Outre la saloperie montrée ci-dessous, les marchés regorgent de stands à jus de fruits, fruits tous plus exotiques les uns que les autres et dont je n'avais jamais entendu parler avant d'arriver. C'est fait sur place avec des fruits frais et c'est délicieux.

Évidemment, tout bon péruvien un tant soit peu populo a déjà mangé un bon cochon d'inde rôti. Même que ça s'appelle "cuy" là-bas. Ah, les langues étrangères...
Bref, ce n'est pas mauvais, ça a un goût un peu à mi-chemin entre le poulet et le porc et la peau craque bien comme il faut. C'est comme une version cheap d'un bon cochon de lait à la ségovienne rôti pendant une demi-journée (qu'il faut avoir goûté une fois dans sa vie, soi-dit en passant).


STOP ! On arrête tout, les cusquéniens ont tué le game, ils ont une ligne de bus Batman, mais aussi une ligne Bip-bip. Et qu'est-ce qu'il y a ?

La ville est remplie de policières. Quand nous avons demandé à des gens du cru pourquoi le rapport homme/femme était si déséquilibré, on nous a répondu que d'après le gouvernement, les femmes sont moins corruptibles que les hommes. Ciencia, puta !

Enfin, profitons de cette incartade à Cusco pour parler, avant que leur pays ne se fasse rayer de la carte par les Iraniens, de ces salopards d'Israéliens. En Europe, il est de très mauvais ton de détester les Israéliens car ça fait de toi un ANTISEMITE. Par contre, là-bas, tout le monde les déteste. Pourquoi ? Parce qu'une fois leur service militaire terminé, les jeunes Israéliens sont apparemment envoyés à l'étranger en vacances. Contre toute attente raciste, ces jeunes n'ont pas d'argent et choisissent donc les pays les plus cheap pour passer du bon temps. Ils vont donc en AdS. Et qu'est-ce que tu fais après deux ans de privations et de sévérité ? Ben tu te soules la gueule, tu fais la fête à fond et tu t'en fous de tout.
Sauf que voilà : ce sont peut-être des pays pauvres, mais ça ne veut pas dire que les choses sont gratuites. Or, vu qu'ils dépensent toute leur thune dans les excès, tu les retrouves à faire les pinces et à négocier tout et n'importe quoi, y compris les nuitées dans les auberges de jeunesse. Je rappelle qu'on parle de pays où les gens n'ont pas un sou, pas de congés payés, pas de chômage, etc.
Une fois qu'ils se sont installés en groupe dans une auberge, ils font leur vie, c'est-à-dire qu'ils empiètent sur la tienne quitte à faire du bordel toute la nuit jusqu'à 6h du mat juste à l'extérieur de la chambre. Et comme ils sont alcoolisés, ils sont parfois menaçants.
Bref c'en est arrivé à un point où certaines auberges refusent les Israéliens, qui se retrouvent parqués dans des auberges "spécial pancakes" avec pancarte en hébreu. On savoure l'ironie grinçante de cette anecdote.