Allez, une asilecon n'en serait pas une sans un compte rendu, je m'y colle.
J'arrive accompagné d'un homme dont je ne dirai que peu de choses, car j'ai senti en lui une envie de venir etronner sur ces pages en notre compagnie. Je lui laisse donc le soin, s'il franchit ce pas, de se livrer, au compte goutte comme de bien entendu.
Sur les bords du canal, nous retrouvons Conrad, qui semble se demander si tout ça n'est pas un hoax. Nous l'assurons que c'en est un, en effet, mais que nous en sommes pareillement victimes. Tout se révèle avec l'arrivée de Mamouth : manquant probablement de tordus dans sa pratique, il a certainement tout organisé pour nous faire interner. Cependant il s'assoit et se met à boire des bière avec nous, des Corona, en hommage au Président Jacques Chirac, que sa probité nous inspire.
On commence donc joyeusement à casser du sucre sur les membres du forum qui, sans céder à la paranoïa, savent bien que si l'on se réunit périodiquement, ça ne peut être que pour comploter contre eux. Ils se reconnaîtront.
Arrive Aliocha, et sa bonne humeur. L'air est doux, il fait beau, sur un banc voisin une enceinte de qualité moyenne crachotte une espèce de techno-raï, les premières 1664 sont ouvertes, les premiers paquets de cacahouètes et de biscuits apéritifs Belin succombent, on n'est pas loin du sans faute.
Les choses s'améliorent encore puisque notre nombre s'accroît encore de trois spécimens, mettant un terme au passage à la non-mixité qui nous permettait d'évoquer en toute liberté nos luttes contre l'oppression misandre. Par exemple Conrad aurait voulu être reconnu en tant qu'unpoivre, alors que, modéré comme toujours, je suggérais la possibilité d'être unpoivre-et-sel, ce à quoi il me retorquait "C'est facile pour toi, t'as des cheveux !"
Nous devisames alors :
- de mon incapacité persistante à choper ("on va te coacher" susurrerent les succubes sans que jamais cette promesse ne soit suivie d'effet, François Premier avait raison, et mieux vaut lui que double branlette),
- de l'extraordinaire diversité de l'offre d'ASMR sur YouTube, certaines propositions étant à peine croyables, mais un des assistants confessant y avoir recours en lieu et place de pornographie ("C'est mieux encore " répétait il, citant involontairement Bons Baisers de Russie), malgré nos airs dubitatifs,
- du fait qu'Elden Ring, jeu certes imparfait, pouvait atteindre des sommets dans les sensations procurées au joueur, qu'elles soient de rage ou de satisfaction ; Aliocha maintenant que GTA, c'était quand même quelque chose,
- et de bien d'autres sujets encore.
Nous eûmes droit à une envolée lyrique sur pourquoi Reconquête était un parti qui devait être rejoint, qui ne fit pas consensus, mais plusieurs sujets mirent tout le monde d'accord, telle la plastique de l'actrice du film Barbie, et l'audace du jeu de mot de l'affiche pour les pubards de Mattel.
La soirée avançant, mon appétit s'aiguisait, mais, pratique toujours, la gent féminine évoqua la possibilité d'un libanais, mon sang ne fit qu'un tour. "Cherchons un libanais, comptez moi dans le nombre", declamais-je, singeant assez piteusement Victor Hugo
Péripétie futile, la première cible de notre raid se trouva fermée. Qu'à cela ne tienne : de notre intelligence collective-et de Google maps- emergea la proposition d'une cible secondaire.
Ce n'est qu'arrivé là, que, collé à la vitrine dont ma commande était en train d'assurer le vide, le signe m'échappa.
Gloire à O... qui sut déjouer la distraction des samboussek, fatayer et kebbeh pour discerner la marque du divin et de l'avenir.
Et c'est ainsi que, la nourriture du cosmopolitisme une fois dévorée, les bières bues, nous nous separâmes , nous promettant de remettre ça.
A vous Cognac-Jay.