Nous passons la frontière pour entrer en Colombie. Le manque de temps nous fait ignorer Ipiales et son fabuleux sanctuaire, à mon grand mécontentement. Les conseils anxiogènes de la page de la Colombie sur le site du ministère des affaires étrangères n'aident pas (en gros "les frontières colombiennes sont un lieu de mort/viol/séquestration").
Nous prenons donc directement un bus pour Pasto, première "grosse" ville après la frontière, pour y passer la nuit. C'est une ville laide avec quelques rares jolis bâtiments, ainsi qu'un exemple type, souvent rencontré en AdS, de "ville où le meilleur coin c'est le centre commercial". Amusant : à notre arrivée à la gare, impossible de trouver un taxi pour nous déposer à l'auberge parce que c'était la fête des mères et que les mecs préféraient faire des trajets qui les rapprochaient de chez eux (pour pouvoir fêter ça à temps, j'imagine). Sachez qu'en Colombie on ne déconne pas avec la fête des mères, c'est limite un truc sacré.
Bref, premier contact avec la police en AdS, non pas parce qu'on s'est fait dévaliser ou séquestrer comme on pourrait s'y attendre, mais pour leur demander de forcer les chauffeurs à nous prendre. Notez que c'est quelque chose que j'aurais aimé faire en France aussi, vu qu'on a les chauffeurs de taxi les plus fdp de la planète.

Après un tour dans le centre-ville (moche) et un repas dans le centre commercial, nous nous cassons fissa. Nous pénétrons dans une dimension parallèle où les taxis deviennent des crèmes absolues du jour au lendemain : le mec qui nous prend est tellement content de voir des touristes qui parlent espagnol et qui sont sympathiques qu'il nous fait la course gratuitement. Je précise qu'on parle d'un pays sans vraiment de sécurité sociale, sans chômage, et où les seuls vacances que tu prends c'est pour faire des travaux dans ta maison. On insiste pour le payer, il refuse. Dieu existe et c'est un chauffeur de taxi.
Au bout d'une nuit de bus, nous arrivons à Cali, que vous avez pu apercevoir dans la saison 3 de Narcos. Pareil, la ville est plutôt laide mais nous dégottons un coin résidentiel tranquille avec des cafés relativement bobos pas très loin du centre, ce qui rend l'expérience plutôt agréable au final.





Nous partons ensuite pour l'axe caféier colombien. Moi j'en avais globalement rien à branler, vu que je déteste le café. Pourtant, j'aurais été bien mal avisé de sauter ça. Nous nous établissons à Salento, ville remarquable à cause de son bicéphalisme piège à touristes/ville-relais pour toutes les exploitations de caféiers du coin. C'est probablement le meilleur piège à touriste que j'aie jamais vu ; ça reste calme et agréable même dans les coins blindés de boutiques.






Au petit matin, nous prenons une jeep, direction un joli coin avec des palmiers scandaleusement hauts.




Au retour, nous voyons les champs de caféiers. Il faut se représenter un endroit où ça sent naturellement le café à des centaines de mètres à la ronde. En l'occurrence, on les sentait depuis l'endroit où j'ai pris la photo (à 50 km/h, agrippé au porte-bagages de la jeep parce que j'étais debout sur le marchepied à l'arrière de la caisse)

Retour à Salento pour apprécier un sport local, celui du chargeage de jeep le plus possible :


Ces deux photos plutôt laides ne rendent absolument pas justice au soleil qui perçait les nuages, c'était magnifique.

