Je complète la citation du dessus avec un passage trouvé quelques lignes plus loin :
« Cette formidable capacité d’autorégulation n’évite pas néanmoins toutes les crises : les nations asiatiques victimes du typhon monétaire de 1997 en témoignent, de même que la brutalité avec laquelle les marchés ont cloué au pilori la Russie en 1998 et plus tard l’Argentine. Les retournements peuvent être, à l’échelle d’un seul pays, d’une violence inouïe […] l’onde de choc qui se propage d’une économie déséquilibrée à l’autre finit par s’atténuer, lorsqu’elle bute sur une situation plus saine. […] L’économie mondiale ressemble à un bolide conduit à pleine vitesse d’une seule main […]. C’est tout le contraire : un mécanisme raffiné, mettant en mouvement des forces et des contre forces, respectant les lois d’une thermodynamique particulière, et n’ayant connu, depuis vingt ans, ni accident majeur, ni débordement durable. La charge de la preuve relevant, en cette matière comme en d’autres, du pur empirisme, la leçon est claire : le risque systémique est une construction de l’esprit »
Difficile de faire plus tarte comme prédiction.
Mais arriver, dans le même passage, à parler de la crise monétaire de 97 et affirmer en même temps que le système n'a pas vécu de crise majeure depuis vingt ans ?
Ca relève plus de la schizophrénie que de la malhonnêteté intellectuelle.

