Montélimar.
Montélimar vit mieux dans l'inconscient touristique collectif que dans la vie de tout les jours. On entre à Montélimar par la zone commerciale, qui semble s'étendre à l'infini au fur et à mesure qu'on la traverse, avec comme point de fuite la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. Puis enfin, on atteint la rivière, où la nature semble reprendre ses droits, car on y voit des cheptels de moutons paître à même les rives. Enfin, l'on pénètre dans le centre-ville, qui finit d'achever la dignité de la commune. Ici, toute bâtisse qui oserait être un tant soit peu pittoresque est immédiatement remise à sa place par une barre de HLM balancée au hasard de la disposition des rues. Aucun salut, tout n'est que laideur jusqu'à la sortie de la ville, où se trouve la centrale dont les radiations ont probablement brûlé le cerveau des planificateurs urbains.
Du terrain vague au vague à l'âme, ô Montélimar, tu assassines le rêve de Daudet et la vision de Pagnol. Combien j'ai prié pour tes enfants, condamnés dès la naissance à pousser dans un terreau qui sans cesse étouffe tout embryon d'ambition et d'inventivité. Malgré ton tout petit centre historique qui tente de sauver les meubles et tes quelques champs de lavande parsemés ici et là, rien à faire, tu es et resteras la pustule sur le riant visage de la Provence.