Kane a écrit:Sur ce coup là je suis plus de l'avis de zlu, il y a pas mal de critique dans l'article, comme par exemple, bien préciser que sa relation de lycéen avec Brigitte serait illégale actuellement (et probablement à l'époque aussi)
La critique est présente, mais diminuée par le langage de l'article qui offre un angle quasi-mythologique sur le personnage de Macron, avec des propos fantasques qui sont en conflit direct avec la réalité du terrain. Notamment, l'homme est un "philosophe", certes "relativement superficiel", mais non sans commencer le paragraphe par du doute absolu pour tempérer le propos ("Perhaps the legend of Macron as a great intellectual has been exaggerated, and perhaps he has done his best to exaggerate that legend").
Aucune mention n'est faite du ridicule du personnage dans la sphère publique, où ni son talent d'orateur ni ses aptitudes littéraires ou philosophiques ne brillent. Aucune mention du ridicule de Valls, qui est présenté comme un ex-premier ministre "victime" alors que c'est tout autant un traître et un crevard que Macron (ce qui aurait donné une autre perspective à ses propos). Minc et Attali sont présentés comme des "puissants faiseurs de présidents", et aucune mention n'est faite de leur statut d'idéologues aux analyses douteuses et au libéralisme à oeillères (ça c'est pour triguer zlu), ingrédients pourtant potentiellement très importants dans la formation du héros Macron.
Le champ lexical est juste dingue :
Emmanuel Macron: The French president in four acts
Comme une pièce de théâtre ;
The newly re-elected president of France arouses admiration and hatred in equal doses. He is the teenager who fell in love with a 39-year-old teacher and was loved back in return, the Rothschild banker, the man who betrayed former president François Hollande, the pianist, the technocrat, the lover of poetry and theater, and the seducer.
Sous-entendu : il est haï pour ce qu'il est, ou représente, et pas pour ses actes dans la sphère politique, sauf, évidemment, sa fameuse "trahison". Bref, il est sensiblement déresponsabilisé ;
The man and the character were born 15 years later
Un événement unique et symbolique comme pivot total de l'entité Macron ;
He and Brigitte took on the world. It remains an indestructible union.
Le couple Macron seul contre tous, on est pas loin du Marvel appliqué à la littérature courtoise.
Bref je pourrais y passer des heures mais c'est juste dingue, on en ressort avec l'image d'un superbe personnage de roman plutôt que d'un type mesquin qui clive chaque fois qu'il ouvre la bouche.
Kane a écrit:Les quelques citations de Valls sont aussi étonnamment critiques pour ce gros lécheur de bottes. Il doit penser que personne ne lit ElPays en France.
“We are talking about a very, very brilliant man,” says Manuel Valls
“All politicians have something of Rastignac,” concedes Manuel Valls. “And the French system favors personality-driven ventures.”
“There is something Napoleonic in Macron’s brilliant career, he knew how to take risks at the right time and people followed him,” summarizes Valls,
Dans son cas, l'éloge n'est jamais bien loin de la critique. C'est une rouerie qui m'étonne presque de lui, à vrai dire.